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Sea, Sieste and Sun

En ce moment, la coupe est pleine de football. Pardon, nous sommes en pleine coupe du monde de football. Les matchs se disputent sur le terrain puis se rejouent au bureau, au PMU, à la radio, à la télé, sur le net. Pas plus tard qu’hier, un jeune joueur confiait d’un ton grave et inspiré, au sujet d’une équipe adverse : « Elle donne tout et ne lâche rien ». Silence respectueux. O temps suspends ton vol. Bzzz de la mouche qui vole.

Comment fait-on pour tout donner sans rien lâcher ? C’est très simple, c’est ce que nous faisons tous sans le savoir, quarante-sept semaines par an, c’est-à-dire toute l’année moins les cinq semaines de congés en théorie consacrées à un salutaire relâchement.

Notre ordinaire, c’est huit heures midi, repas sur le pouce, quatorze heures dix-huit heures, plus le temps de transport. Jamais de place pour une sieste, qu’elle soit royale, éclair ou micro. Ne parlons même pas de la canaille. Pourtant, tous les professionnels de santé nous recommandent la sieste. Il paraît qu’elle favorise la mémorisation en remettant à neuf le cerveau, ce qui nous permet d’assimiler de nouvelles données. La sieste favoriserait même la créativité. Vingt minutes de repos augmenteraient nos performances intellectuelles de vingt pour cent ! Et votre DRH n’est même pas au courant. Les hommes préhistoriques dormaient peu à cause des grosses bébêtes qui rôdaient, mais ils dormaient souvent, eux. Un peu comme le font les bébés. Finalement, notre nature originelle est contrariée depuis des siècles.

Heureusement, il y a les vacances. Elles sont faites pour sortir du cadre et certainement pas pour obéir à de nouvelles injonctions. Profitons-en pour cesser de tout donner et lâchons-nous. Pour une fois, vivons à l’envers et organisons notre emploi du temps autour de la sieste. Jetons l’ancre de notre barque au milieu de la crique du Village des Aloès, regardons le ciel à travers la paille de notre chapeau et laissons une délicieuse torpeur nous envahir. La même parenthèse, version herbe verte et eau douce, peut s’ouvrir et se refermer l’espace d’une heure à Port-Lalande, au bord du Lot. A Sognu di Rena en Corse, sous la paillotte, endormez-vous langoureusement, bercé par le tango Corse de Fernandel : « Au bal du petit Ajaccio, On ne danse pas le mambo, Ni le bee-bop ni la biguine, Mais un vrai tango d’origine. Le tango Coooorse, c’est un tango conditionné. Le tango Coooorse, c’est de la sieste organisée». Tsouin Tsouin.

Une réponse à “Sea, Sieste and Sun

  1. Chère Sibylle, je vous rejoins totalement . Et même, la sieste devrait être prise en charge par la Sécurité Sociale. Par contre, il y a-t-il une durée légale recommandée ?
    Bien à vous ! Pierre-Alcide

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