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Noël sans embûches

Pour les étourdis ou ceux qui seraient dotés du sens de l’observation d’une endive, je voudrais rappeler que Noël approche. Ça scintille tous azimuts. Les ventes privées, les early booking, les codes promos, ventes flash, rush J-7 et autres comptes à rebours pleuvent sur nos smartphones comme autant de piqûres de rappel. On nous emballe et nous enguirlande du matin au soir. Même Julien est Doré. Et la palme d’or du bon goût, je la décerne sans hésiter à ce spot radio, entendu pas plus tard que ce matin, mettant en avant une enseigne de supermarché : « Châtaigne cherche dinde charnue pour lui faire une farce inoubliable ». Fou-rire au feu rouge.

Mais finalement, je trouve toute cette orgie de paillettes très sympathique et plutôt bienvenue. Imaginez un peu ce que serait la fin de l’année sans la cacophonie de Noël des commerçants, sans tous les efforts qu’ils déploient pour égayer nos rues, concevoir des annonces publicitaires enjouées, illustrer leurs newsletters de rennes et de traîneaux, bref, mettre le paquet cadeau pour faire naître notre envie.
https://www.grandbleu.fr/thematiques/evenements/noel-et-nouvel-an-53.html

Pensez-vous honnêtement que, sans tout ce barnum, vous reviendriez facilement et sans regret aux traditions du Moyen-âge ? Tenez, la bûche, par exemple : jadis, la veille de Noël, on allait chercher une énorme bûche de vrai bois. Le maître de maison la plaçait alors dans l’âtre, procédait à des libations en arrosant le tronc d’huile, de sel et de vin cuit et récitait les prières de circonstance. La bûche était allumée soit par l’aîné des enfants, soit par les jeunes filles, avec les tisons de celle de l’année précédente – je parle de la bûche bien sûr -, qu’on avait conservés en guise de porte-bonheur. On manquait de tout sauf de suite dans les idées. Les cendres de la bûche avaient, disait-on, la propriété de protéger la maison de la foudre et des pouvoirs maléfiques du diable.

Avouons qu’aujourd’hui, un tel rituel serait un tantinet décalé. Alors, quitte à nous attirer les foudres des puristes et des traditionalistes, reconnaissons aux commerces réels et virtuels le mérite d’essayer de nous protéger de la morosité hivernale, à grand renfort de couleurs, de clinquant et de jingle bells.

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