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Le parfum sublime du soleil

En plein cœur de l’hiver, la silhouette aime se promener autour du lac qui reflète le Mont Canigou. Elle y guette l’apparition des premiers flocons de soleil. Dès que les mimosas bordant le rivage l’éclaboussent de leurs pompons de velours jaune, c’est en rose qu’elle revoit la vie. Cela n’a rien d’étonnant, car «La symbolique des fleurs fait du mimosa l’emblème de la sécurité ; c’est-à-dire, dans un sens plus large, de la certitude», celle de la métamorphose de l’être et non de sa destruction.

Elle était loin de penser à cela lorsque, fillette, elle se poudrait le nez en respirant goulûment ce mimosa au parfum suave et enveloppant. Il rappelle, justement, celui de la poudre de riz des féminines d’autrefois. Quelques créateurs, parmi les plus talentueux, ne désespèrent pas de capturer la fragrance incomparable de cette fleur. La magie du mimosa tient à ce qu’il jaillit sous nos yeux alors que la nature tout entière est détroussée par l’hiver, engourdie par le froid. Car lui, c’est un courageux dégourdi.

C’est au XVIIIème siècle que le navigateur et cartographe britannique, James Cook, a rapporté d’Australie du sud quelques graines d’Acacia Verticillata. Plus tard, vers 1850, les Anglais amoureux de la Côte d’Azur ont eu l’heureuse idée d’y planter leurs graines, ravies de prospérer loin des parapluies et ailleurs que sous serre. Depuis, certaines espèces se sont si bien acclimatées à la région qu’elles s’y sont naturalisées (elles s’y reproduisent naturellement). Le mimosa appartient au genre Acacia, qui renferme environ 1200 espèces d’arbres ou d’arbustes recensées dans le monde, avec autant de noms latins. Heureusement, les connaisseurs utilisent d’autres termes, beaucoup plus poétiques : par exemple, « Le Gaulois », « Le Mirandole », « Le Rêve d’Or », « La Sensitive » (mimosa pudica), ainsi nommée car elle referme ses folioles au moindre effleurement, la coquine…

Le mimosa a pris l’accent du Sud. Il n’est pas difficile quant à la nature du sol d’accueil, tant qu’il s’agit d’une terre non calcaire et si possible abritée des vents dominants. Dans l’espace naturel, il a tendance à se comporter en plante colonisatrice, et dans le jardin, il faut se méfier un peu de ses racines très vigoureuses. Mais on pardonne tout au mimosa. Il a même sa «Route du Mimosa », matérialisée par huit étapes de charme de Bormes-les-Mimosas dans le Var jusqu’à Grasse. Ici en Roussillon, de Cerbère au Vallespir, sublimant le bleu de la mer, égayant les vignes en sommeil et magnifiant l’arrière-pays frileux, l’arbre aux pépites nous rappelle à quel point nous sommes chanceux.

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