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Les pendules à l’heure de Perpignan

Nan mais arrêtez de chercher midi à quatorze heures, à la fin ! Puisqu’on vous donne l’heure, prenez-la sans discuter. Ne vous posez pas de questions, ne temporisez pas et soumettez-vous : vous n’avez pas le choix, de toute façon. Faites comme votre smartphone, docile à souhait, qui est passé à l’heure d’hiver pendant votre sommeil, sans même vous demander votre avis. Parlez-moi d’un ami. Vous lui confiez vos secrets, votre agenda, votre vie tout entière et à la première occasion, il mène la sienne sans tenir compte de vous, obéissant à une pendule d’état, machinerie toute puissante. Ce qui prouve bien qu’il s’est rangé du côté obscur de la force. C’est qui le patron ? pas vous, assurément.

N’empêche, le résultat est là : la nuit tombe plus tôt et votre cerveau se met en mode couette-pantoufles alors que vous êtes encore au travail, au volant de votre camionnette ou derrière l’ordinateur.

N’aimez-vous pas quand l’heure officielle coïncide avec un moment réjouissant ? Qu’est-ce qu’un moment réjouissant, d’abord ? en voici un : flâner nonchalamment dans une rue de Perpignan, à 19h00, début octobre, par beau temps. Il lui en faut peu, la pôvre, vous dites-vous. Ah vous croyez ? Alors suivez-moi.

Venez sentir le soleil tiède couvrant les façades d’un reflet orangé, entendre les sons soudain plus purs du jour finissant. Venez humer les effluves brassés par une journée d’activités, vous fondre dans la rue gagnée par la langueur. Les clients assis aux terrasses du quai Vauban contemplent le cours de la Basse aux berges fleuries. En contrepoint se dresse le majestueux Castillet. Vous passez le porche et poursuivez vers la Loge de Mer (Place de la Loge). A gauche, une ruelle vous conduit jusqu’à la Place Gambetta sur laquelle veille la Cathédrale Saint-Jean.

Perpignan, c’est la ville du grand Sud par excellence. Sa longue histoire est d’une incroyable richesse du seul fait de sa position géographique éminemment stratégique. Allongée sur la plaine du Roussillon, à deux pas de la mer, de la campagne et de la montagne, elle tourne le dos aux Corbières, portant son regard, avec ou sans nostalgie, au-delà des Pyrénées Catalanes.

Ce moment réjouissant nous échapperait si le 19h00 de début octobre se trouvait à 20h00. Ce serait trop tard. Il faudrait alors le déplacer à 18h00. Mais là, ce serait trop tôt. Vous seriez encore soit au volant de votre camionnette, soit derrière votre ordinateur.

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