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Du bivouac au hamac

Depuis ma fenêtre, il m’arrive d’apercevoir la colonne des vacanciers empruntant en tongs la large rue reliant le camping et la belle plage de Saint-Cyprien. L’un des parents ouvre la marche, le second assure la sécurité à l’arrière, tous deux concentrés comme des sherpas en route vers le bivouac. Les enfants sont au milieu, tels des canetons, munis de leurs petites palmes, faisant frétiller la bouée déjà en place. Procession de parasols, matelas et crocodiles gonflables, seaux, pelles et râteaux, masques et tubas, serviettes autour du cou et tapis roulés sous les bras, chapeaux et lunettes de soleil, lourds paniers pour les goûters, le thermos d’eau fraîche, les changes, la crème solaire, le roman «feel good» de l’été, le dernier numéro de Science et Vie ou d’Okapi… mazette, mais comment résistent-ils, ces parents-là ? Leurs enfants se rendent-ils compte de ce qu’ils font pour eux? Réponse : non. Et c’est bien comme cela, parce qu’ils n’ont pas à s’en rendre compte. En revanche, ils se souviendront plus tard de l’essentiel : ce que leurs parents ont fait avec eux.

Une fois l’époque des bouées canard et des petits derrières pleins de sable définitivement révolue, ces parents-là auront tout leur temps pour se prélasser dans un hamac, bercés par un léger souffle d’air, observant la course des nuages, en lévitation entre leurs souvenirs nostalgiques et leurs nouveaux désirs.

Au fait, il faudra penser à remercier Christophe Colomb et ses marins de nous avoir ramené ce divin accessoire d’Amérique du Sud.

«Le hamac, ce rectangle de temps suspendu dans le ciel» comme l’écrit si joliment Daniel Pennac.

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