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Vacances sous les arbres

Petits, nous avons tous appris des chansons auxquelles nous ne comprenions pas grand-chose. Nos cerveaux tout neufs parvenaient à les mémoriser et certaines, par on ne sait quel enchantement, répondent encore à l’appel de notre mémoire. Il en est une en particulier qui ne m’a pas quittée depuis la maternelle (et ça date) : la « Ballade Irlandaise » de Bourvil. En voilà une chanson-doudou pleine de mots hyper compliqués mais si apaisants pour de jeunes oreilles : embaumé, chaumière, irlandais, fleure la bruyère

Je la fredonne parfois lors les arrêts matinaux au feu rouge, en plein hiver par 6°, trompant l’attente en comptant les palmiers exotiques qui balisent l’avenue menant au bureau :
« Un oranger sur le sol irlandais,
On ne le verra jamais.
Un jour de neige, embaumé de lilas,
Jamais on ne le verra.
Qu’est-ce que ça peut faire ?
Qu’est-ce que ça peut faire ?
Tu dors auprès de moi,
Près de la rivière,
Où notre chaumière
Bat comme un cœur plein de joie. (…) »

Les aménageurs de paysages se sont mis à planter des sapins à Dubaï, des oliviers à Grenoble, des palmiers à Montpellier et des bananiers à Strasbourg. Je n’ai pas vérifié s’il y avait des orangers en Irlande, mais je m’attends à tout. Esthétique je ne sais pas, insolite pourquoi pas, déplacé peut-être, déstabilisant c’est sûr.

Petit exercice pour vous convaincre : observez attentivement ce que vous ressentez lorsque vous vous promenez parmi les oliviers et figuiers de la Résidence Le Galoubet, dans l’arrière-pays provençal. Ou lorsque vous admirez les beaux platanes longeant les pistes cyclables de Saint-Cyprien, Résidence Les Pierres de Jade, au bord de la Méditerranée. Ou encore lorsque vous contemplez le ciel à travers les branches des pins, depuis la terrasse de votre chalet des Pescalunes à Agde. Ou même lorsque vous flânez entre les peupliers au bord du Lot, en vacances à Port-Lalande.
Alors ? votre diagnostic ?
Vous vous dites que rien ne cloche. Les arbres sont tous du coin, entre copains, au diapason de leur région. Ils poussent là où la nature leur a proposé de le faire depuis des siècles. Ils ne sont pas contraints de se fabriquer des racines contre leur gré. Leur feuillage est assorti à leur ramage et personne n’en fait un fromage. Et vous, les sentant inconsciemment à leur juste place, vous vous sentez vraiment bien parmi eux.

Il faut parfois du temps pour comprendre une chanson et puis, bizarrement, il suffit de patienter à un feu rouge pour que, soudain, elle prenne une part de son sens.

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